Votre médecin vous a proposé une amniocentèse. Nous vous proposons de compléter les informations qui vous ont déjà été apportées à l'aide de quelques question- réponses.
QU'EST-CE QU'UNE AMNIOCENTÈSE ?
Il s'agit d'un prélèvement de liquide amniotique (liquide qui entoure le bébé dans l'utérus), pratiqué à l'aide d'une très fine aiguille introduite dans l'utérus à travers le ventre de la maman.
Ce geste, réalisé le plus souvent pour étudier les chromosomes de l'enfant (caryotype), est habituellement effectué entre 15 et 17 semaines d'aménorrhée (3 mois - 3 mois et demi de grossesse).Cependant, dans des circonstances particulières, il peut être effectué à d'autres moments de la grossesse.
Cet examen peut vous être proposé par votre médecin pour une raison médicale, vous êtes cependant libre de l'accepter ou de le refuser .
IMPÉRATIFS RÉGLEMENTAIRES PRÉALABLES
(article L 2131.1 du Code de la Santé Publique)
La réalisation de cet examen est régie par des dispositions légales, qui préconisent qu'une information vous soit apportée sur :
La pathologie pour laquelle l'examen est réalisé.
Les explorations envisagées pour détecter celle-ci.
Les contraintes et conséquences des actes effectués.
Après avoir posé toutes les questions que vous souhaitez, il vous sera demandé de signer une fiche de consentement (imposée par la Loi) qui sera indispensable pour pouvoir transmettre les prélèvements au laboratoire.
Vous trouverez un exemple d’une fiche de consentement à la fin de ce chapitre.
COMMENT SE DÉROULE LE PRÉLÈVEMENT ?
Le prélèvement est réalisé vessie vide , après désinfection du ventre, en milieu stérile et sous contrôle échographique : la position de l'aiguille est continuellement surveillée par l'échographiste, cpour éviter de blesser le fœtus.
La piqûre de l'aiguille n'est pas plus douloureuse qu'une prise de sang.
QUE SE PASSE-T-IL APRÈS UNE AMNIOCENTÈSE ?
Après une amniocentèse, vous pouvez rentrer chez vous et il est souhaitable de rester au repos le jour même de l'examen .
Il n'est pas nécessaire de rester alitée.
Y A-T-IL DES RISQUES OU INCONVÉNIENTS ?
Même pratiquée dans des conditions optimales, l'amniocentèse comporte un risque de fausse-couche de 0,5 à 1 %.La fausse-couche peut survenir en raison d'une possible fissuration de la poche amniotique à partir du point de ponction. Ce risque est maximum dans les 8 à 10 jours suivant l'amniocentèse.
Exceptionnellement, des infections graves pour la mère et / ou le fœtus ont été rapportées.
Certains risques peuvent être favorisés par votre état, vos antécédents ou par un traitement pris avant le prélèvement. Il est impératif d'informer le médecin de vos antécédents (personnels et familiaux) et de l'ensemble des traitements et médicaments que vous prenez.
EN PRATIQUE :
- le jour de l'amniocentèse :
Prévoir une journée de repos.
Il n’est pas nécessaire que vous soyez à jeun.
Venir avec
votre carte de groupe sanguin
votre attestation d’assurance sociale
Noter que certains centres demandent également de disposer des sérologies du virus VIH et de l'hépatite.
- Les heures et les jours qui suivent l'amniocentèse :
Si vous êtes de rhésus négatif,
Dans certain cas, il est possible de déterminer le Rhésus de votre fœtus à partir du liquide amniotique prélevé. Cette détermination vous sera communiquer dans les 48 heures qui suivent la ponction.
Si votre fœtus est Rhésus positif ou si la détermination n’a pas été possible, vous devrez faire une injection intra veineuse d'un produit destiné à éviter une incompatibilité sanguine avec votre enfant, dans les 72 heures qui suivent l’amniocentèse.
Si votre fœtus est Rhésus négatif ( comme vous), cette injection n’est pas nécessaire.
Les résultats
Le laboratoire communique les résultats du caryotype à votre médecin dans un délais de 1 à 3 semaines environ, essayer de les attendre le plus sereinement possible .
Dans certain cas il est possible , grâce à la biologie moléculaire, d’éliminer le risque de Trisomie 21 dans les 48 heures qui suivent la ponction.
Certaines recherches particulières, justifiées par vos antécédents, peuvent nécessiter un délai plus ou moins long. Le plus souvent, vous aurez consulté au préalable un généticien qui vous aura expliqué les problèmes liés à votre cas.
Consulter d’urgence
En cas de douleurs,
En cas de perte de sang
En cas de perte de liquide
En cas de fièvre
En cas de signe inhabituel
Exemple de fiche de consentement
Consentement de la femme enceinte à la réalisation d'un prélèvement
en vue de diagnostic prénatal in utero
Analyse cytogénétique/génétique moléculaire/biologie foetale
en vue du diagnostic de maladies infectieuses/biochimie (hors marqueurs sériques)/ hématologie/immunologie.
Patiente :
Après la consultation médicale prévue à l'article R. 162-16.7 du code de la santé publique, je soussignée déclare avoir reçu les informations suivantes :
L'analyse qui m'est proposée en vue d'établir un diagnostic prénatal rend nécessaire un prélèvement de liquide amniotique ou de sang foetal ou de trophoblaste dont m'a été expliqué le risque.
Cette analyse sera effectuée dans un laboratoire autorisé à la pratiquer par le ministre chargé de la santé.
Si la technique demande une mise en culture de cellules foetales, un échec de celle-ci est possible pouvant rendre nécessaire un deuxième prélèvement .
L'analyse peut révéler d'autres affections que celle recherchée dans mon cas.
L'analyse ne permet pas de faire le diagnostic de toutes les anomalies foetales.
Le résultat de l'examen me sera rendu et expliqué par le médecin qui me l'a prescrit.
Je consens au prélèvement ainsi qu'à l'analyse pour laquelle il est effectué.
Médecin :
Décret n°95-558 du 6 mai 1995, article R.162-16-7 paru au JO du 7 mai 1995)
Je certifie avoir informé la patiente sus-nommée du risque pour son enfant d’être atteint d’une anomalie chromosomique, génétique ou infectieuse d’une particulière gravité, des caractéristiques de cette affection, des moyens de la détecter, du risque qu’ils comportent et des conséquences possibles d’un résultat anormal.